Iste confessor Domini sacratus

Anonyme,

Traduction de Pierre Corneille,



Iste confessor Domini sacratus,
Festa plebs cujus celebrat per orbem,
Hodie lætus meruit secreta
Scandere cœli :

Ce digne confesseur, dont le peuple en ces lieux
Honore la mémoire et célèbre la fête,
D'un empire aujourd'hui fit la sainte conquête,
Et prit sa place dans les cieux,

Qui pius, prudens, humilis, pudicus,
Sobrius, castus fuit, et quietus,
Vita dum præsens vegetavit ejus
Corporis artus :

Tant qu'il vécut sur terre, on vit sa piété
Par un divin accord s'unir à la prudence,
Sa pudeur conspirer avec la tempérance,
Son calme avec l'humilité.

Ad sacrum cujus tumulum frequenter
Membra languentum modo sanitati,
Quolibet morbo fuerint gravata,
Restituuntur :

Autour de son tombeau les malades rangés
Reçoivent chaque jour des guérisons soudaines,
Et les maux les plus grands qui ravagent leurs veines
Sont d'autant plus tôt soulagés.

Unde nunc noster chorus, in honorem
Ipsius, hymnum canit hunc libenter,
Ut piis ejus meritis juvemur
Omne per ævum.

C'est donc avec raison que nos chœurs aujourd'hui
Font résonner un hymne et des vœux à sa gloire,
Afin que son mérite aide à notre victoire
À monter au ciel après lui.

Sit salus illi, decus, atque virtus,
Qui supra cœli residens cacumen,
Totius mundi machinam gubernat,
Trinus et unus.

Gloire à l'unique auteur de ce vaste univers !
Gloire, honneur et louange à sa bonté divine,
Dont l'absolu vouloir gouverne la machine
Du ciel, de la terre et des mers !