Tristes erant apostoli

Ambroise de Milan,

Traduction de Charles de Courbe,



Tristes erant apostoli
De nece sui Domini,
Quem morte crudelissima
Servi damnarant impii.

Chaque Apôtre étoit en douleur
Pour la mort de notre Seigneur,
Que les Juifs d'un cœur obstiné
Avoient a la mort condamné.

Sermone blando angelus
Prædixit mulieribus :
« In Galilæa Dominus
Videndus est quantocius. »

Mais l'Ange par un doux récit
Aux saintes dames lors a dit,
Qu'en Galilée en bref verroient
Ce cher Jésus qu'il espéroient,

Illæ dum pergunt concitæ :
Apostolis hoc dicere,
Videntes eum vivere,
Christi tenent vestigia :

Alors pleines de gaieté
Ont tout aux Apôtres conté,
Qui voyant leur maître vivant,
Sont confirmés plus que devant.

Quo agnito, discipuli
In Galilæam propere
Pergunt videre faciem
Desideratam Domini.

Par quoi d'un pas léger et prompt,
En Galilée droit s'en vont :
Désirant tous d'avoir cet heur
Que de voir leur maître et Seigneur.

Quæsumus, auctor omnium,
In hoc paschali gaudio,
Ab omni mortis impetu
Tuum defende populurn.

Nous te prions grand Dieu de tous
Qu'en ce temps Pascal gai et doux,
Tu nous pardonne les péchés,
Dont à la mort serions tachés.

Gloria tibi, Domine,
Qui surrexisti a mortuis,
Cum Patre et sancto Spiritu,
In sempiterna sæcula !

Gloire soit a toi ô Sauveur,
Qui est ressuscité vainqueur,
Au Père et Saint-Esprit bénin,
Aux siècles des siècles sans fin.