Tristes erant apostoli

Ambroise de Milan,

Traduction de Louis-Isaac Lemaistre de Sacy,



Tristes erant apostoli
De nece sui Domini,
Quem morte crudelissima
Servi damnarant impii.

Une douleur profonde abattait le courage
Des disciples du roi des cieux,
Voyant l'Agneau de Dieu déchiré par la rage
Des tyrans furieux.

Sermone blando angelus
Prædixit mulieribus :
« In Galilæa Dominus
Videndus est quantocius. »

Quand l'ange, adoucissant l'ennui des saintes femmes,
Loin, dit-il, ces pleurs superflus,
Quittez vos longs soupirs, et rassurez vos âmes,
Vos yeux verront Jésus.

Illæ dum pergunt concitæ :
Apostolis hoc dicere,
Videntes eum vivere,
Christi tenent vestigia :

Elles vont annoncer cette grande nouvelle,
Aux amis du Christ éplorés,
Le Sauveur les rencontre, et leur troupe fidèle
Baise ses pieds sacrés.

Quo agnito, discipuli
In Galilæam propere
Pergunt videre faciem
Desideratam Domini.

L'apostolique foi s'éveille à leur langage.
Ils courent tous d'un même accord,
Pour voir, voyant Jésus, l'adorable visage
Du vainqueur de la mort.

Quæsumus, auctor omnium,
In hoc paschali gaudio,
Ab omni mortis impetu
Tuum defende populurn.

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Gloria tibi, Domine,
Qui surrexisti a mortuis,
Cum Patre et sancto Spiritu,
In sempiterna sæcula !

Règne, ô Trinité sainte, et toi, Sauveur aimable,
Prémices des ressuscités,
Qui promets à nos corps de ton corps adorable
Les suprêmes beautés.