Summæ Deus clementiæ (samedi)

Anonyme,

Traduction de Pierre Corneille,



Summæ Deus clementiaæ
Mundique factor machinæ ;
Unus potentialiter,
Trinusque personaliter,

Dieu de souveraine clémence,
Qui tiras du néant ce tout par ta bonté,
Unique en ton pouvoir, unique en ta substance,
Et trine en personnalité,

Nostros pius cum canticis
Fletus benigne suscipe,
Quo corde puro sordibus
Te perfruamur largius.

Reçois nos pleurs avec tendresse,
Accepte de nos voix l'heureux et saint emploi,
Et nous purge si bien d'ordure et de foiblesse,
Que nous jouissions mieux de toi.

Lumbos jecurque morbidum
Adure igni congruo,
Accincti ut sint perpetim
Luxu remoto pessimo ;

Brûle au dedans notre poitrine
Avec le feu du zèle et de la charité ;
Ceins au dehors nos reins de cette ardeur divine
Qui repousse l'impureté.

Ut quique horas noctium
Nunc concinendo rumpimus,
Donis beatæ patriæ
Ditemur omnes affatim.

Que tous ceux à qui tes louanges
Font rompre en ces bas lieux le repos de la nuit,
Là-haut dans la patrie unis aux chœurs des anges,
À jamais en goûtent le fruit.

Præsta, Pater piissime,
Patrique compar unice,
Cum Spiritu Paraclito
Regnans per omne sæculum.

Daignent accorder cette grâce
Et le Père et le Fils à l'ardeur de nos vœux,
Eux qui régnent sans fin dans cet immense espace
Où l'Esprit Saint règne avec eux.