Psaume 145 - Lauda anima mea

Jérôme de Stridon,

Traduction de François de Malherbe,



Lauda, anima mea, Dominum.
Laudabo Dominum in vita mea ;
Psallam Deo meo quamdiu fuero.

N’espérons plus, mon âme, aux promesses du monde :
Sa lumière est un verre, et sa faveur une onde,
Que toujours quelque vent empêche de calmer ;
Quittons ces vanités, lassons-nous de les suivre :
C’est Dieu qui nous fait vivre,
C’est Dieu qu’il faut aimer.

Nolite confidere in principibus,
In filiis hominum, in quibus non est salus.

Ont-ils rendu l’esprit, ce n’est plus que poussière
Que cette majesté si pompeuse et si fière
Dont l’éclat orgueilleux étonne l’univers ;
Et dans ces grands tombeaux où leurs âmes hautaines
Font encore les vaines,
Ils sont mangés des vers.

Exibit spiritus ejus, et revertetur in terram suam ;
In illa die peribunt omnes cogitationes eorum.

En vain, pour satisfaire à nos lâches envies,
Nous passons près des rois tout le temps de nos vies,
À souffrir des mépris et ployer les genoux ;
Ce qu’ils peuvent n’est rien : ils sont comme nous sommes,
Véritablement hommes,
Et meurent comme nous.

Beatus cujus Deus Jacob adjutor ejus,
Spes ejus in Domino Deo ipsius :

Là se perdent ces noms de maîtres de la terre,
D’arbitres de la paix, de foudres de la guerre :
Comme ils n’ont plus de sceptre, ils n’ont plus de flatteurs,
Et tombent avec eux d’une chute commune
Tous ceux que leur fortune
Faisait leurs serviteurs.