Somno refectis artubus

Ambroise de Milan,

Traduction de Jean Racine,



Somno refectis artubus.
Spreto cubili surgimus :
Nobis, Pater, canentibus
Adesse te deposcimus.

Tandis que le sommeil réparant la Nature
Tient enchaînés le travail et le bruit,
Nous rompons ses liens, ô clarté toujours pure,
Pour te louer dans la profonde nuit.

Te lingua primum concinat,
Te mentis ardor ambiat,
Ut actuum sequentium
Tu, sancte, sis exordium.

Que dès notre réveil notre voix te bénisse :
Qu'à te chercher notre cœur empresse
T'offre ses premiers vœux, et que par toi finisse
Le jour par toi saintement commencé.

Cedant tenebræ lumini,
Et nox diurno sideri,
Ut culpa quam nox intulit
Lucis labascat munere.

L'astre, dont la présence écarte la nuit sombre,
Viendra bientôt recommencer son tour :
Ô vous, noirs ennemis qui vous glissez dans l'ombre,
Disparaissez à l'approche du jour.

Precamur idem supplices,
Noxas ut omnes amputes,
Et ore te canentium
Lauderis in perpetuum.

Nous t'implorons, Seigneur, tes bontés sont nos armes ;
De tous péchés rends nous purs à tes yeux ;
Fais que t'ayant chanté dans ce séjour de larmes,
Nous te chantions dans le repos des Cieux.

Præsta, Pater piissime,
Patrique compar unice,
Cum Spiritu Paraclito
Regnans per omne sæculum.

Exauce, Père saint, notre ardente prière,
Verbe son Fils, Esprit leur nœud divin,
Dieu qui, tout éclatant de ta propre lumière,
Règne au Ciel sans principe et sans fin.