| Dies iræ, dies illa, Solvet sæclum in favílla, Teste David cum Sibýlla ! Quantus tremor est futúrus, quando judex est ventúrus, cuncta stricte discussúrus ! |
Ô jour du Dieu vengeur, où, pour punir les crimes, Un déluge brûlant sortira des abîmes, Et le ciel s'armera de foudres et d'éclairs, Quel trouble en tous les cœurs, quand ce Juge sévère, Lançant de toutes parts les traits de sa colère, Sur un trône de feu paraîtra dans les airs! |
| Tuba mirum spargens sonum per sepúlcra regiónum, coget omnes ante thronum. Mors stupébit et Natúra, cum resúrget creatúra, judicánti responsúra. |
Aux antres les plus sourds la trompette entendue, Ranimant la poussière en cent lieux répandue, Tous les morts sortiront de l'horreur des tombeaux; Et, dans l'effroi commun du corps de la nature, Aux pieds du Créateur, la pâle créature Attendra pour jamais, ou les biens, ou les maux. |
| Liber scriptus proferétur, in quo totum continétur, unde Mundus judicétur. Judex ergo cum sedébit, quidquid latet apparébit, nihil inúltum remanébit. |
Dieu, découvrant des cœurs la nuit la plus profonde, Fera lire en ce livre, ouvert à tout le monde, L'adorable équité de ses arrêts divers; Il fera voir à nu les noirs replis des âmes, Et, produisant au jour tous leurs crimes infâmes, Confondra leur malice aux yeux de l'univers. |
| Recordáre, Jesu pie, quod sum causa tuæ viæ ; ne me perdas illa die. Quærens me, sedísti lassus, redemísti crucem passus, tantus labor non sit cassus. |
Souviens-toi qu'étant Dieu d'immortelle nature, Tu vins par tes douleurs guérir notre blessure, Tu vins, homme et mortel, sauver l'homme perdu. Tu voulus te lasser, cherchant mon âme errante. Ton amour pour ma vie offrit ta mort sanglante. Qu'en vain le sang d'un Dieu ne soit pas répandu! |
| Juste Judex ultiónis, donum fac remissiónis ante diem ratiónis. Ingemísco, tamquam reus, culpa rubet vultus meus, supplicánti parce Deus. |
Ô juge inexorable, en ta juste vengeance, Daigne être mon Sauveur en ce temps de clémence, Avant qu'être mon juge au jour de la rigueur. Si mon crime t'aigrit, qu'un coupable te touche, Qui vient, la larme à l’œil, les soupirs à la bouche, La honte sur le front, le regret dans le cœur. |
| Inter oves locum præsta, et ab hædis me sequéstra, státuens in parte dextra. Confutátis maledíctis, flammis ácribus addíctis, voca me cum benedíctis. |
Quand ta main, par un choix qui me glace de crainte, Mettra les boucs à gauche, ailleurs la troupe sainte, Place mon âme au rang des agneaux glorieux. Et ce peuple maudit par ta voix de tonnerre, Étant précipité jusqu'au fond de la terre, Que j'entre avec tes saints au clair palais des cieux. |
| Oro supplex et acclínis, cor contrítum quasi cinis, gere curam mei finis. Lacrimósa dies illa, qua resúrget ex favílla judicándus homo reus. |
Grand Dieu qui voit mon cœur en moi-même se fendre, Qui voit qu'un saint regret le réduit comme en cendre, Si tu n'es mon support, que deviendrai-je alors? Ô jour non jamais craint, comme il est redoutable, Où, du creux du tombeau sortira le coupable, Tremblant devant son Juge et rongé de remords! |